LES CARACTERISTIQUES DE L'ALESAGE
L'évacuation du copeau étant la préoccupation permanente de l'opérateur en taraudage, la forme de l'alésage à tarauder est l'un des paramètres les plus importants à considérer pour choisir un type d'outil.
Les types d'alésages peuvent être répertoriés en 4 familles, chacune ayant ses difficultés propres :
- GROUPE I : TROU DEBOUCHANT
- a/ Trou débouchant peu profond : l'épaisseur de la matière est inférieure au diamètre de taraudage (cas courant dans la tôlerie), il n'y a pas de souci d'évacuation des copeaux, les seuls problèmes potentiels sont la perte d'axe en cas de taraudage manuel (le taraudage n'est pas coaxial avec l'alésage) et "l'oversizing" en taraudage semi-automatique (perceuse sensitive avec descente manuelle ou bras de taraudage); la poussée axiale est trop forte et le taraud déforme le filet obtenu en taillant sur son arête avant.
- b/ Trou débouchant profond : L'épaisseur à tarauder est supérieure au diamètre, l'évacuation des copeaux peut poser problème dans la cas de taraudage horizontal dans une matière à copeau long, l'usage de l'entrée GUN devient alors impératif.
- GROUPE II : TROU BORGNE
- a/ Trou borgne peu profond : peu de problèmes sauf dans le cas de petits diamètres et de matière à copeau très long où l'emploi de taraud à goujures hélicoïdales est nécessaire.
- b/ Trou borgne profond : C'est le cas le plus délicat, les goujures hélicoïdales sont quasiment impératives, la lubrification est à soigner particulièrement, dans certains cas, le fractionnement de l'opération et le "débourrage" sont nécessaires.
Les conditions matérielles d'opération :
L'opération de taraudage peut être simplement manuelle, auquel cas la principale difficulté est de garantir la coaxialité entre l'alésage et le taraudage; la vitesse de coupe étant par nature très faible, la formation de copeau n'est pas toujours optimale mais l'évacuation ne pose pas vraiment de problème : un taraud standard s'adaptera à la plupart des cas.
L'opération peut aussi être semi-automatique avec une machine électro-portative, une perçeuse sensitive munie d'un appareil à tarauder, ou un bras de taraudage : la vitesse de rotation doit être ajustée en fonction de la matière, il est possible de tirer partie des géométries spéciaisées. Sur perceuse sensitive à descente manuelle, il faut prévenir l'utilisateur des risques "d'oversizing".
Enfin le taraudage peut s'effectuer sur machine automatique (mécanique ou à commande numérique); outre le choix de géométrie adaptée à la matière et à la forme du trou, il faut attirer l'attention de l'utilisateur sur la surveillance du dispositif d'arrosage qui doit assurer le triple rôle de lubrification, de refroidissement et d'aide à l'évacuation des copeaux. Il faut noter que, dans ce cas, la norme DIN est généralement imposée pour les outils.
A noter :
Plus le rapport diamètre/pas du taraud est petit plus le problème d'évacuation du copeau est critique : un taraudage à M2X040 (rapport 5) est beaucoup plus délicat de ce point de vue qu'un M36X400 (rapport 9), de même, à diamètre égal, un taraudage en pas fin est plus facile que le même en pas gros : M10X150 rapport 6.7 comparativement à M10X050 rapport 20. Ceci sous entend que l'on peut travailler facilement en trou borgne avec un taraud de grand diamètre à goujures droites, alors que cela sera presque impossible avec un taraud de petit diamètre.
Les normes :
Le marché européen du taraud est couvert par 2 séries de normes différentes :
Les normes ISO utilisées essentiellement en France, en Grande-Bretagne et dans les pays nordiques, et les normes DIN emmenées par l'Allemagne, l'Italie, etc...
Ces normes ne définissent que les côtes d'encombrement et d'attachement des outils (diamètre et longeur de queue, carré d'entraînement) et n'ont rien à voir avec le filetage réalisé. Les machines CNC utilisent, le plus souvent, des outils répondant aux normes DIN avec une prise "en pince de précision" qui interdit tout changement; les utilisations manuelles ou sur appareil à tarauder standard (pinces caoutchouc) ne sont pas affectées par ces problèmes et peuvent, sans soucis, accepter les 2 normes.
Chaque famille de norme se décline en sous familles numérotées ISO529, ISO2283, DIN371, DIN374, Din5156 etc...
Les Tolérances :
On ne peut pas parler de mécanique sans parler de tolérance et quantifier les tolérances fait partie intégrante de tout processus de fabrication.
Bien entendu, chaque famille de norme a crée les siennes numérotées Classe 1, 2, 3 pour l'ISO et notées 4H, 6H et 6G pour la DIN.
Schématiquement, ces 3 classes correspondent à des "ajustements normalisés" entre vis et écrou : "serrés" pour le 4H ou classe 1, normaux pour le 6H ou classe 2 et "larges" pour le 6G ou classe 3.
Les dimensions américaines UN sont notées différemment : "classe 1" en ISO et "3B" en DIN pour l'ajustement serré, "classe 2" en ISO et "2B" en DIN pour le normal et "classe 3" en ISO et "1B" en DIN pour l'ajustement large.
Note :
99% des demandes de clients ne parlent pas de tolérance.
Notre catalogue propose uniquement des produits tolérencés en classe 2.
